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« AIR AUSTRAL, un très lourd transfert des charges de l’ Etat sur le dos des Réunionnais"
Quand en 1982 Air France crée son propre concurrent, Air Austral, pour se conformer à la nouvelle législation européenne mettant fin aux monopoles étatiques, un véritable transfert de charges de l’ Etat et de sa compagnie nationale financée par tous les Français s’est opéré sur le dos des Réunionnais. En effet, en créant AIR AUSTRAL avec les finances des Réunionnais, via la SEMATRA, nos hommes politiques locaux ont commencé à faire supporter à leurs concitoyens le coût direct de leurs déplacements aériens dans la zone. Au lieu d’exiger de l’ Etat, et donc d’ Air France, d’assurer dans des conditions techniques et financières pleinement satisfaisantes pour les Réunionnais, le développement de leur île dans la zone proche, il a été choisi, à la plus grande joie du gouvernement de l’époque, de leur en faire supporter directement la charge des investissements et du fonctionnement… et cela aux prix très forts !!! Depuis 20 ans, aucun investissement conséquent n'a été consenti sur la desserte de la Réunion, aussi, quand, en 2002, faute d'en avoir les moyens techniques, matériels, humains et financiers qu'elle préfèrait mobiliser sur d'autres destinations, Air France a concédé à Air Austral, sa filiale locale, la desserte de la Métropole avec ses propres avions en location, le transfert de charges était complètement opéré ! Ainsi, de plus en plus les Réunionnais, et les Mahorais, par le biais d’ Air Austral, la compagnie qu’ils ont financée au prix fort en investissement et qu’ils financent aux prix très forts en fonctionnement, se voient donc contraints d’assumer de plus en plus lourdement le coût de leur désenclavement et de leurs déplacements aériens. Il ne reste plus à Air France dans les prochaines années qu’à se retirer du ciel réunionnais et cette charge sera totalement imputée aux Réunionnais mais aussi, ne l’oublions pas aux malheureux Mahorais en totale situation de monopole et donc de racket. Cette décentralisation de l’Etat a été bien plus habile, et plus discrète, que celle des T.O.S. … avec la complicité - bienveillante ou inconsciente ? - de tous nos politiques locaux. Quand en 2003 le Gouvernement, mesure d’aménagement du territoire, amorce la mise en oeuvre de la Continuité Territoriale en allouant une somme, trop modeste mais bien réelle, pour compenser le transfert de charges opéré sur le dos des Réunionnais, le Président de la Région la refuse préférant laisser les Réunionnais assumer seuls, de leurs deniers, le coût de leurs déplacement vers la Métropole. A-t-on vu la Région Provence Alpes Côte d’Azur accepter d’assumer seule, en investissements et en fonctionnement, sur le dos de ses contribuables locaux, le coût du T.G.V. Paris-Marseille ? N’est-ce pas, comme il est légitime, la Collectivité nationale qui en a assumé la charge, la Région n’acceptant que le coût du transfert du réseau de transport régional ? Les Réunionnais sont "tellement riches" avec leurs chômeurs et leurs Rmistes qu’il a paru légitime à la Région et au Conseil Général de leur faire supporter le coût de leurs futurs transports aériens … au motif sans doute que nos politiques en sont les initiateurs mais aussi les bénéficiaires directs en leur qualité d’actionnaires et d’utilisateurs privilégiés (MM. VERGES Paul, HOAREAU Roger et DINDAR Ibrahim en sont de modestes actionnaires à titre personnel sans qu’il n’y ait jamais apparemment eu de contradiction avec leurs mandats électifs). Plus que jamais le combat de COLL’AIR Réunion et de COLL’AIR Mayotte pour une véritable Continuité Territoriale, pour les justes prix économiques et non plus les tarifs de racket, s’impose pour que les Réunionnais et les Mahorais ne soient plus les « vaches à lait » du transport aérien avec la complicité active de ceux qui sont censés les défendre : la Région et le Conseil Général de la Réunion. » |