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Par électoralisme, en 2002, Jacques CHIRAC lançait le principe de la continuité territoriale pour les DOMIENS puisqu’elle était en vigueur pour les Corses, les Espagnols des Canaries et des Baléares, les Portugais des Açores et de Madère. Avec la modeste somme de 8 millions € par an pour 760 000 habitants, le montant alloué à la Réunion était bien loin de pouvoir assurer une véritable continuité territoriale instaurant pour tous les Réunionnais une véritable égalité de citoyenneté française avec nos compatriotes corses et européenne avec nos concitoyens espagnols et portugais.
Plutôt que de réfléchir dès 2003 à une solution qui aurait permis d’amorcer la mise en place d’un authentique dispositif de continuité territoriale ouvert à TOUS LES REUNIONNAIS et ensuite de réclamer à l’ Etat les moyens avérés nécessaires, les élus de la région ont préféré bloquer inutilement en 2003 et 2004 les maigres fonds alloués par l’ Etat. Devant l’iniquité ridicule et très préjudiciable pour leurs concitoyens de cette attitude dictée par l’incompétence et le mépris, nos élus ont fini par mettre en place des critères d’assistanat si mal appropriés que les fonds, très peu sollicités, restaient toujours dans la trésorerie régionale. En 2006, de nouveaux critères plus accessibles, bien que toujours cantonnés à un rôle d’assistanat clientéliste, a permis qu’enfin les sollicitations s’amplifient et les fonds soient consommés davantage. Les tarifs des compagnies si excessivement élevés ont contraints de plus en plus de Réunionnais à venir solliciter l’aide de l’ Etat qui leur facilitait un peu plus l’accès à ces « tarifs invraisemblables » si éloignés de la réalité économique telle qu’elle résulte de la concurrence quand elle existe comme en France, en Europe ou de par le monde. L’accès plus aisé à des prises en charge importantes, 50% voire même 100% pour de très nombreux cas, a contribué largement à accroître les sollicitations du fait des publics "de pauvres sans revenus" ayant-droits, tout en continuant d’exclure une large partie de la population des catégories moyennes qui ont des revenus déclarés et non pas « main droite, main gauche ». Dans ces conditions, les fonds disponibles ont surtout servi à payer des billets à des prix très élevés puisque nullement limités et donc à commuer une aide aux personnes en subventions déguisées aux compagnies. Pourrait-on concevoir que la Sécurité Sociale et les mutuelles remboursent des honoraires de médecins qui ne seraient pas plafonnés par convention ? Ne serait-ce pas un scandaleux abus des deniers des assurés sociaux ? Ce qui est inadmissible des honoraires des médecins, pourquoi l’accepter des billets d’avion ? Une authentique continuité territoriale doit résulter d’un DROIT ouvert à TOUS LES REUNIONNAIS sans discriminations de revenus. Le dispositif mis en place doit être un outil de mesure qui permet de recenser les besoins économiques et sociaux (et non pas seulement de simple confort) en déplacements aériens de tous les Réunionnais pour ajuster l’offre à la demande et en réduire les coûts tout en optimisant la rentabilité. En effet, aujourd’hui c’est la large inadéquation, voire distorsion, entre l’offre et la demande en sièges qui crée artificiellement un contexte malthusien entraînant la hausse abusive des prix imposée. Compte tenu des coûts élevés Réunion-Paris résultant de l’éloignement, il faut instaurer en priorité un prix plafond hors taxes, le juste prix défini par la négociation entre les compagnies aériennes, l’Etat et les usagers ( comme pour le prix d’une consultation médicale négociée entre les médecins et les caisses de la Sécurité Sociale) qualifié de « prix continuité territoriale ». Ce prix doit être accessible au moins une fois par an et par personne pour tout Réunionnais sans critères discriminants. Les compagnies en place devront ainsi offrir tout au long de l’année un nombre de sièges suffisant pour répondre aux besoins estimés prévisionnellement. A l’issue d’un premier exercice, l’estimation du besoin réel de la population au cours de l’année sera affiné pour que l’offre réponde au mieux à une demande mieux identifiée. Le prix plafond hors taxes servira de juste base à tout financement par des fonds publics qui serviront à financer une Aide Solidaire Modulée dont l’intervention variera de 100% à 0% selon des critères précis à remplir par les ayant-droits et définis en fonction des besoins induits par le développement durable de notre île. Ainsi tout Réunionnais, une fois par an et par personne, pourra prétendre, à minima, à l’ Aide Solidaire Modulée à taux 0%, donc au prix plafond hors taxes que nous suggérons à 500 € HT, les taxes n'étant pas du fait des compagnies. Les prix de tous les déplacements effectués et financés par les fonds privés des usagers seront libres et livrés au jeu de la concurrence du marché comme ils le sont sur toutes les lignes internationales. |