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Monsieur le Directeur de R.F.O. Réunion, Dans « Zot magazine » du lundi 20 novembre, RFO organisait un débat sur la desserte aérienne de la Réunion, dossier récurent pour des centaines de milliers de Réunionnais dans l’île mais aussi en métropole. Depuis plus de 3 ans, reprenant le vieux combat des années 70/80 mené par Echanges Sans Frontières, l’association COLL’AIR, qui a conduit de multiples actions et s’est avéré un interlocuteur sur ces questions, aurait pu être un participant sérieux à ce débat très attendu par beaucoup de nos concitoyens.
L’association, qui a eu droit à un petit interview et quelques images qui attestaient bien de son rôle à la Réunion, n’a pas été sollicitée. Pourquoi ? Tout simplement parce que le PDG de la compagnie privée Air Austral a exigé comme condition à sa présence sur le plateau l’interdiction du président de COLL’AIR. De très nombreux téléspectateurs se sont interrogés, à juste titre, sur cette absence remarquée. Suite à de très nombreux courriels s’étonnant le lendemain de l’absence de COLL’AIR, j’ai été amené à interroger au téléphone le rédacteur en chef de RFO qui m’a reconnu que l’émission, suite au chantage préalable de M. Ethève, le PDG d’Air Austral, ne se serait pas tenue si le président de COLL’AIR était présent. Un tel aveu révèle le degré de démocratie qui règne dans la société réunionnaise où apparemment un chef d’entreprise privée peut imposer son autoritarisme à la télévision de service public payée par la redevance de tous les Réunionnais. Que cet autoritarisme d’autocrate s’exerce dans l’entreprise qu’il dirige à la « soviétique », Air Austral, c’est le droit qu’il semble pouvoir s’arroger. Qu’il agisse de même auprès d’un service public nous paraît purement inacceptable. En effet dans ces conditions où était donc la confrontation des points de vue que sous-entend tout débat ? Que, par ailleurs, les auditeurs n’aient pas été informés par RFO au début du débat de cet interdit imposé par un participant n’est-il pas un manquement au droit à l’information complète et honnête des citoyens du fait d’un service public, donc représentatif non pas d’intérêts privés mais bien de l’ intérêt général ? Ce silence, s’il devait persister, porte un grave préjudice moral à l’association et aux militants de COLL’AIR dont la population peut malheureusement penser que son absence du plateau correspond à un désintérêt ou à une démobilisation ce qui est à l’opposé de la réalité. Nous souhaitons donc Monsieur le Directeur que cette erreur soit corrigée par le réalisateur de cette émission et qu’un communiqué vienne la réparer par souci de vérité et de transparence. « L’erreur est humaine : persévérer est diabolique » Le président de COLL’AIR Antoine FRANCO |