Lors du renouvellement du Directeur régional d’ Air France, les Réunionnais, et le président d’ Air Austral, ont appris la volonté de cette puissante ex-compagnie nationale aujourd’hui privatisée, de venir installer une salutaire concurrence dans les vols régionaux de l’ Océan Indien par le redéploiement de deux Airbus 320 sévèrement concurrencés sur la marché intérieur métropolitain par le T.G.V Est Paris-Strasbourg. Depuis longtemps chacun sait bien que seule une réelle concurrence peut entraîner une véritable pratique commerciale tarifaire tendant aux « justes prix » des billets d’avion comme c’est le cas sur toutes les grandes lignes aériennes européennes ou internationales.A l’occasion de sa réponse indignée à cette information somme toute très positive pour les consommateurs Réunionnais et de la zone Océan Indien, le président d’ Air Austral s’est livré à plusieurs aveux de taille quant à la stratégie « de SA compagnie » et à sa vision très autoritairement personnelle du rôle de celle-ci. |
Premièrement, le marché aérien de la zone est « SA » chasse gardée historique qui lui est dû comme le fief était dû à son seigneur. Bien qu’admettant que « les lignes aériennes ne sont pas la propriété d’une compagnie », il dénonce et rejette vigoureusement la venue de toute autre, attestant sa vision très coloniale de rente de situation qu’il entend préserver au seul profit de « SA » société qui historiquement et surtout financièrement est pourtant tellement celle de tous les Réunionnais et tous les Mahorais par l’argent public qu’ils y ont abondamment investi à l’insu de leur plein gré. Deuxièmement, il nous avoue incidemment les causes profondes de sa politique tarifaire particulièrement excessive et abusive que tous les réunionnais connaissent bien : « notre flotte régionale tourne à la moitié de son potentiel ». Ainsi, il avoue que la gestion d’Air Austral est si absurde et si déraisonnable qu’elle l’amène à faire supporter le coût d’une flotte et des 672 salariés qui la justifient en ayant seulement la moitié de son activité d’où immanquablement la nécessité de « doubler les tarifs » pour équilibrer ses charges disproportionnées avec l’activité insuffisante, tarifs dissuasifs qui tendent bien sûr à la réduire davantage. Troisièmement, il reconnaît avec une impudente franchise qu’avec sa politique commerciale, de par la terrible cherté de ses tarifs résultant de sa mauvaise gestion, « le trafic régional ne progresse que très lentement… les relations économiques ne sont pas très développées ». En effet, notre environnement géopolitique et géoéconomique étant essentiellement constitué de pays sous-développés et/ou en voie de développement, les tarifs excessivement élevés, justifiés par ses causes reconnues de « mauvaise gestion de la flotte », constituent le même immanquable verrou que pour la venue des touristes métropolitains et européens à la Réunion ou à Mayotte. Enfin, dernière impudence méprisante, il reproche avec aigreur à Air France de vouloir venir faire ce qu’il reconnaît pourtant n’avoir pas fait : développer le trafic aérien dans la zone Océan Indien, ce qui est le principal reproche que l’association Coll’Air a toujours formulé à cette compagnie financée et administrée par nos politiques avec l’argent public, compagnie qui n’a de cesse que de fonctionner en totale opacité plus pour elle-même que pour le développement durable de la Réunion et Mayotte et leur véritable intégration dans la zone Océan Indien en leur qualité d’interfaces de la France et de l’ Europe. Oui M. Ethève d’Air Austral, et ne vous en déplaise, plus que jamais, comme en France et en Europe, pour le développement durable de notre île et de tous ses citoyens, vivement une réelle et dynamique concurrence qui va libéraliser le ciel de l’ Océan Indien enfin arraché aux rentes de situation actuelles dont nous sommes massivement victimes. |